Le dernier voyage
 Aurélia Frey, photographie extraite de la série Hésychia
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voir les autres séries :
La montagne du silence
Juste avant l'orage
Passage
Hésychia
Par la forêt obscure
Absence
Fayoum
Portraits d'ici et là

©Aurélia Frey, image extraite de la série "Le dernier voyage"

Extrait d’un journal lozérien

La Cévenne n'est pas de ces contrées qui se laissent apercevoir, côtoyer, toiser, parcourir, aimer, quitter. Elle ne peut être ni un passage, ni une passade. On est dedans ou dehors.
Dans ces vieux mas d'une hautaine misère, l'hospitalité s'applique comme une loi martiale. Dès qu'on a poussé la porte, on entend ce cri : "Entre ou sors!" Il faut décider sur l'instant, la tramontane n'attend pas, mais la décision prise peut l'être à vie...

Jean-Pierre Chabrol, Les Rebelles


Du plus loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais eu à faire ce choix du "dedans" ou du "dehors". Il m'a toujours semblé être derrière les portes de cette vieille ferme familiale aux murs lourds de granit. Qu'il neige, qu'il vente ou que le soleil dru de l'été ravage les champs, je n'ai cessé d'y retourner, de vivre cette terre de l'intérieur.
Peut-être et très certainement grâce à Louis Brès, celui qui fût jusqu'à l'aube de l'an 2000, mon grand-oncle et qui n'a jamais cessé de me transmettre par ses longs silences cet amour d'un pays aride.
Il était, comme il aimait à dire, le dernier bourru des cévennes.